Report Synopsis

Reduction of mechanization costs (French)

Julien Hérault

Dès mes premières expériences dans le machinisme agricole, j’ai été acteur de la confusion
entre réduction des charges de mécanisation et rentabilité. Jusqu’au titre de ce dossier, je
n’avais pas réellement pris conscience de la disjonction entre niveau d’équipement et
profitabilité. La prise de conscience a eu lieu dans les contextes les plus favorables à la plusvalue
: productions industrielles de l’Europe sup-ligérienne et cultures spécialisées portesgraines
ou maraîchères. Dans ces situations, les charges de mécanisation dépassent parfois
les 1500 €/ha, et c’est bon signe ! L’investissement en machine doit être saturé, quelle que
soit sa taille ou puissance. Il faut donc chercher à résoudre une équation qui relie les facteurs
suivants : travail, pédoclimat et économie. Même s’il existe des barèmes ou tendances qui
permettent de faire corréler chevaux et hectare ou largeur et surface, la chimère de
l’investissement optimum ne doit pas s’en contenter.
La connaissance statistique des jours agronomiquement disponibles n’est pas toujours plus
importante que l’expérience d’un agriculteur. C’est l’absence d’estimation de la balance
risque (baisse de rendement)-incertitude (météorologique) qui ne permet pas aux
investisseurs de dimensionner leurs machines de manière optimale.
Il faut alors viser un investissement le plus rationnel possible concernant les critères
techniques dont la puissance de l’automoteur (ou la largeur d’un outil) est le plus impactant.
La submersion du critère de puissance a d’ailleurs souvent fait oublier aux agriculteurs et
entrepreneurs agricoles que la force de traction est surtout dépendante d’un poids que l’on
cherche élevé alors que la sobriété d’un automoteur est obtenue par l’allègement de
l’ensemble attelé. La course à la puissance des exploitations n’a pas toujours été
proportionnelle à l’augmentation du débit de chantier. On retrouve alors des rentabilités de
productions impactées par un coût de mécanisation élevé. Le capital immobilisé n’est parfois
plus disponible pour favoriser les charges opérationnelles ou le développement de
productions à fortes plus-values. Pour contrer ce suréquipement souvent néfaste il faudra
redéfinir ses périodes optimales de travaux ainsi que les jours agronomiquement disponibles.
Le choix du mode de mécanisation dépend davantage de la main d’oeuvre disponible et
surtout de son organisation.
La posture du conseiller pour optimiser les investissements n’est pas dans l’empilement
d’arguments rationnels ou logiques. Selon Chris Anderson (Head of TED Conference) « la
plupart des gens peuvent être convaincus par la logique, mais cela ne les motive pas toujours.
S’ils ne sont pas motivés, ils oublieront rapidement les arguments et passeront à autre
chose ». Le discours raisonnable d’un conseiller en machinisme, fut-il indépendant, doit être
renforcé par d’autres leviers qui rendent les prescriptions valides mais surtout significatives
pour le client. L’émotion et la passion demeurent des facteurs clés pour agir et faire agir. Les
complotistes l’ont compris, les réalisateurs du jeu Farming Simulator aussi. S’ils y sont addictes
demandez donc à vos enfants (ou stagiaires) quel est le but du jeu : vous serez surpris par leurs
réponses.

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